logo

Résolution des litiges 2020

LITIGATION

Le système judiciaire

1 Quelle est la structure du système judiciaire civil ?

Au premier niveau, les procédures civiles sont engagées soit devant le tribunal de district, soit devant les tribunaux régionaux. Les tribunaux de district sont compétents pour la plupart des litiges relatifs au droit du bail et de la famille (compétence matérielle) et pour les affaires dont le montant en litige ne dépasse pas 15 000 euros (compétence monétaire). Les appels sur des points de fait et de droit doivent être introduits devant les tribunaux régionaux. Les tribunaux régionaux sont compétents pour les litiges d'un montant supérieur à 15 000 euros et pour les litiges relatifs à la propriété intellectuelle et à la concurrence, ainsi que pour diverses lois spécifiques (loi sur la responsabilité publique, loi sur la protection des données, loi autrichienne sur la responsabilité nucléaire). Les recours doivent être adressés aux tribunaux régionaux supérieurs. En matière commerciale, il n'existe de tribunaux de commerce spéciaux qu'à Vienne. En dehors de cela, les tribunaux ordinaires susmentionnés statuent en tant que tribunaux de commerce. Les affaires commerciales sont, par exemple, des actions contre des hommes d'affaires ou des sociétés en rapport avec des transactions commerciales, des affaires de concurrence déloyale et autres. Les autres tribunaux spéciaux sont les tribunaux du travail, qui sont compétents pour tous les litiges de droit civil entre employeurs et employés résultant d'un (ancien) emploi ainsi que pour les affaires de sécurité sociale et de pension. En matière commerciale (dans la mesure où les tribunaux de commerce statuent en formation collégiale) et en matière de droit du travail, respectivement, les juges non professionnels et les juges professionnels statuent ensemble. La Cour d'appel de Vienne décide en tant que tribunal des cartels en première instance. C'est le seul tribunal des cartels en Autriche. Les appels sont décidés par la Cour suprême en tant que Cour d'appel des cartels. En matière de cartels, des juges non professionnels siègent également avec des juges professionnels

Juges et jurys

2 Quel est le rôle du juge et du jury dans les procédures civiles ?

Par rapport aux pays de common law, le rôle des juges autrichiens est plutôt inquisitorial : pour établir les faits pertinents, les juges peuvent ordonner aux témoins de comparaître à une audience, sauf si les deux parties s'y opposent, ou désigner des experts à leur discrétion. Dans certaines procédures, le tribunal sera composé d'un panel comprenant des juges non professionnels "experts", notamment dans les affaires d'ententes, et des juges non professionnels "informés" dans les affaires de droit du travail et d'intérêt public.

Questions de limitation

3 Quels sont les délais pour intenter une action au civil ?

Les délais de prescription sont déterminés par le droit matériel. Les créances ne sont pas exécutoires une fois qu'elles sont prescrites. La prescription commence généralement au moment où un droit aurait pu être exercé pour la première fois. Le droit autrichien fait la distinction entre un délai de prescription long et un délai de prescription court. Le délai de prescription long est de 30 ans et s'applique lorsque des dispositions spéciales ne prévoient pas le contraire. Le délai de prescription court est de trois ans (il peut être prolongé ou supprimé) et s'applique, par exemple, aux créances ou aux demandes de dommages et intérêts. La prescription doit être argumentée explicitement par une partie, mais ne doit pas être prise en considération par l'initiative du tribunal (d'office).

Comportement avant action

4 Y a-t-il des considérations préalables dont les parties devraient tenir compte ?

Non, il n'y en a pas. Toutefois, en règle générale, un demandeur doit informer son adversaire avant d'engager une procédure

Ouverture de la procédure

5 Comment les procédures civiles sont-elles engagées ? Comment et quand les parties à la procédure sont-elles informées de l'ouverture de la procédure ?

Les tribunaux ont-ils la capacité de traiter leur charge de travail ? La procédure est engagée par le dépôt d'une requête auprès du tribunal. La demande est considérée comme officiellement présentée dès sa réception.

La signification est généralement effectuée par courrier recommandé (ou, une fois représenté par un avocat, par le biais du trafic électronique des tribunaux, à savoir un système de communication électronique reliant les tribunaux et les cabinets d'avocats). L'acte est réputé signifié ou notifié à la date à laquelle il est physiquement remis au destinataire (ou disponible pour consultation).

Au sein de l'Union européenne, le règlement sur la signification et la notification (règlement (CE) n° 1348/2000 du Conseil relatif à la signification et à la notification dans les États membres des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile et commerciale) s'applique. La notification aux organisations internationales ou aux étrangers bénéficiant d'immunités de droit international public est effectuée avec l'aide du ministère autrichien des Affaires étrangères. Dans tous les autres cas, la notification à l'étranger est effectuée conformément aux traités respectifs (notamment la Convention de La Haye sur la procédure civile).

Calendrier

6 Quelle est la procédure et le calendrier types d'une action civile ?

La requête est déposée auprès du tribunal et transmise au défendeur, accompagnée d'une ordonnance de dépôt d'une défense. Si le défendeur répond dans les délais (quatre semaines à compter de la réception de la demande), une audience préparatoire est organisée, qui a principalement pour but d'orienter la suite de la procédure en examinant les principales questions de droit et de fait ainsi que les questions de preuve (documents, témoins, experts). En outre, des possibilités de règlement pourraient être discutées. Après un échange de mémoires, les audiences principales suivent.

La durée moyenne des litiges de première instance est d'un an. Toutefois, les litiges complexes peuvent prendre beaucoup plus de temps. Au stade de l'appel, une décision est rendue après environ six mois. À cet égard, il n'existe pas de procédure accélérée dans les litiges civils autrichiens.

Gestion des dossiers

7 Les parties peuvent-elles contrôler la procédure et le calendrier ?

Les tribunaux attribuent les affaires selon des critères définis régulièrement par un sénat particulier.

Les procédures sont principalement contrôlées par le juge en charge du calendrier. Le juge ordonne aux parties de présenter des mémoires et de produire des preuves dans un certain délai. Le cas échéant, les experts sont également nommés par le juge. Les parties peuvent toutefois déposer des requêtes de procédure (par exemple, pour une prolongation de délai), mais peuvent également convenir de la suspension de la procédure.

Preuves - documents

8 Y a-t-il une obligation de conserver les documents et autres preuves en attendant le procès ?

Les parties doivent-elles partager les documents pertinents (y compris ceux qui ne sont pas utiles à leur cause) ? si une partie parvient à démontrer que la partie adverse est en possession d'un document spécifique, le tribunal peut rendre une ordonnance de communication si l'une ou l'autre de ces conditions est remplie : (1) la partie en possession a expressément fait référence au document en question comme preuve de ses propres allégations ; (2) la partie en possession a l'obligation légale de le remettre à l'autre partie ; ou (3) le document en question a été établi dans l'intérêt juridique des deux parties, certifie une relation juridique mutuelle entre elles ou contient des déclarations écrites qui ont été faites entre elles lors de la négociation d'un acte juridique.

Une partie n'est pas tenue de présenter des documents qui concernent la vie familiale si la partie adverse viole des obligations d'honneur par la remise de documents, si la divulgation de documents conduit à la disgrâce de la partie ou de toute autre personne ou implique le risque de poursuites pénales, ou si la divulgation viole une obligation de secret approuvée par l'État de la partie dont elle n'est pas libérée ou viole un secret d'affaires (ou pour toute autre raison similaire).

Il n'existe pas de règles spéciales concernant la divulgation de documents électroniques ou de pratiques acceptables pour la conduite de la divulgation électronique. Enfin, il n'existe pas de règles concernant la divulgation préalable à l'action.

Preuve - privilège

9 Certains documents sont-ils protégés ?

Les conseils d'un juriste d'entreprise (local ou étranger) seraient-ils également privilégiés ? Selon les règles de secret professionnel des avocats, il n'y a aucune obligation de produire des documents, sauf si l'avocat a conseillé les deux parties en rapport avec l'acte juridique contesté. Les avocats ont le droit de refuser de témoigner oralement si des informations ont été mises à leur disposition dans le cadre de leur activité professionnelle.

Preuves - avant le procès

10 Les parties échangent-elles des preuves écrites de témoins et d'experts avant le procès ?

Non - les preuves sont recueillies pendant le déroulement du litige, pas avant. Les parties sont tenues de produire les preuves à l'appui de leurs allégations respectives ou lorsque la charge de la preuve leur incombe, respectivement.

Preuves - procès

11 Comment les preuves sont-elles présentées au procès ?

Les principaux types de preuves sont les documents, les témoignages des parties et des témoins, les expertises et les inspections judiciaires. Les déclarations écrites des témoins ne sont pas admissibles.

Il n'y a pas de dépositions ni de déclarations écrites de témoins, les témoins sont donc obligés de se présenter à l'audience et de témoigner. Les témoins sont interrogés par le juge, puis les représentants légaux des parties leur posent des questions (supplémentaires).

Des restrictions à cette obligation existent (par exemple, les privilèges des avocats, des médecins, des prêtres ou en rapport avec l'incrimination éventuelle de proches parents).

Alors que le témoin (ordinaire) témoigne sur des faits, le témoin expert apporte au tribunal des connaissances que le juge ne peut pas avoir. Le témoignage d'expert est recueilli devant le tribunal de première instance. Un témoin expert peut être demandé par les parties mais aussi appelé d'office par le juge. Un témoin expert est tenu de présenter ses conclusions dans un rapport. Des commentaires et explications oraux doivent être donnés lors de l'audience (si les parties le demandent). Les rapports privés ne sont pas considérés comme des rapports d'expertise au sens de l'ACCP ; ils ont le statut de document privé.

Comme il n'y a pas de place pour les preuves concurrentes, il n'existe pas de telles règles.

Mesures provisoires

12 Quels sont les recours provisoires disponibles ?

L'octroi de mesures provisoires est régi par la loi autrichienne sur l'exécution des décisions. En général, le droit autrichien prévoit trois grands types de mesures provisoires :

  • pour obtenir une créance monétaire ;
  • pour obtenir une demande d'exécution spécifique ; et
  • Les parties peuvent s'adresser au tribunal pour obtenir de l'aide afin de sauvegarder les preuves avant et après le dépôt d'une requête. L'intérêt juridique requis est considéré comme établi si la disponibilité future des preuves est incertaine ou s'il est nécessaire d'examiner l'état actuel d'un objet.

Recours

13 Quels sont les recours de fond disponibles ? Le taux d'intérêt légal applicable aux jugements de nature pécuniaire est fixé à quatre pour cent par an. Toutefois, les créances monétaires découlant de transactions commerciales sont soumises à un taux d'intérêt plus élevé en plus du taux d'intérêt de base légal. Le taux d'intérêt plus élevé pour de telles affaires est déterminé par la Banque nationale autrichienne. Il n'est pas possible de demander des dommages-intérêts punitifs.

Mise en œuvre

14 Quels sont les moyens d'exécution disponibles ?

L'exécution des décisions de justice est régie par la loi autrichienne sur l'exécution des décisions de justice.

Le droit autrichien prévoit différents types d'exécution. On distingue les titres à exécuter visant une créance pécuniaire ou une demande d'exécution forcée, et les titres à exécuter visant une créance patrimoniale. En général, les méthodes habituelles d'exécution sont les suivantes :

  • la saisie des biens ;
  • saisie et transfert ou créances ;
  • la location obligatoire ; et
  • l'action judiciaire.

L'exécution sera effectuée par un huissier, qui est un cadre du tribunal et qui doit se conformer aux ordonnances du tribunal. En ce qui concerne les biens immobiliers, trois types de mesures d'exécution sont disponibles :

  • l'hypothèque obligatoire ;
  • l'administration obligatoire, dans le but de générer des recettes pour satisfaire la demande ; et
  • la vente forcée d'un bien immobilier.

En ce qui concerne les biens mobiliers, le droit autrichien fait une distinction :

  • la saisie des créances ;
  • la fixation d'objets tangibles et mobiles ;
  • la saisie des créances de livraison à l'encontre de tiers débiteurs ; et
  • la saisie d'autres droits de propriété. Le droit autrichien n'autorise pas la saisie de certaines créances spécifiques, telles que l'allocation de soins, l'aide au loyer, les allocations familiales et les bourses d'études.

Accès public

15 Les audiences des tribunaux sont-elles publiques ? Les documents judiciaires sont-ils accessibles au public ?

Dans la plupart des cas, les audiences du tribunal sont ouvertes au public, bien qu'une partie puisse demander au tribunal d'exclure le public de l'audience, à condition qu'elle puisse démontrer un intérêt justifié à l'exclusion du public. En principe, la consultation du dossier n'est autorisée qu'aux parties impliquées dans la procédure. Les tiers peuvent inspecter les dossiers ou même se joindre à la procédure s'ils peuvent démontrer un intérêt juridique suffisant (dans l'issue potentielle de la procédure).

Coûts

16 Le tribunal a-t-il le pouvoir d'ordonner le paiement des dépens ?

Dans son jugement final, le tribunal déterminera qui devra supporter les frais de procédure (y compris les frais de justice, les frais d'avocat et certains autres frais des parties (par exemple, les frais de sauvegarde des preuves, les frais de déplacement). En principe, cependant, la partie gagnante a droit au remboursement par la partie perdante de tous les frais de procédure. La décision du tribunal sur les frais est susceptible de recours, avec ou sans appel de la décision du tribunal sur le fond.

Selon la loi autrichienne sur les frais de justice, le demandeur (requérant) doit avancer les frais. Le montant est déterminé sur la base du montant en litige. La décision indique qui doit supporter les frais ou la proportion dans laquelle les frais de procédure doivent être partagés.

Les honoraires des avocats sont remboursés conformément à la loi autrichienne sur les honoraires des avocats, indépendamment de l'accord conclu entre la partie gagnante et son avocat. Ainsi, le montant remboursable peut être inférieur à l'honoraire d'avocat effectivement dû, car toute demande de remboursement est limitée aux frais nécessaires. Il n'existe pas de règles concernant les budgets de frais ; il n'est donc pas nécessaire de fournir une ventilation détaillée pour chaque étape du litige. Sur demande, un demandeur résidant en dehors de l'Union européenne peut se voir ordonner de constituer un dépôt de garantie couvrant les frais de procédure potentiels du défendeur, sauf si des traités bilatéraux ou multilatéraux en disposent autrement. Cela ne s'applique pas non plus si le demandeur a sa résidence en Autriche, si la décision de justice (relative aux frais) est exécutoire dans l'État de résidence du demandeur ou si le demandeur dispose de suffisamment de biens immobiliers en Autriche.

Modalités de financement

17 Les parties peuvent-elles conclure des accords "sans gain, sans honoraires" ou d'autres types d'accords d'honoraires conditionnels ou à la pièce entre les avocats et leurs clients ? Les parties peuvent-elles engager une procédure en recourant à un financement par des tiers ? Dans l'affirmative, le tiers peut-il prendre une part du produit de la demande ? Une partie à un litige peut-elle partager ses risques avec un tiers ?

Sauf convention contraire, les honoraires des avocats sont soumis à la loi autrichienne sur les honoraires des avocats. Les accords sur les honoraires horaires sont autorisés et courants. Les honoraires forfaitaires ne sont pas interdits mais sont moins utilisés dans les affaires contentieuses. Les honoraires conditionnels ne sont autorisés que s'ils ne sont pas calculés en pourcentage du montant accordé par le tribunal (pactum de quota litis).

L'aide juridique est accordée aux parties qui n'ont pas les moyens de payer les frais et honoraires. Si la partie concernée peut prouver que ses moyens financiers sont insuffisants, les frais de justice sont supprimés, voire annulés, et un avocat est mis à disposition gratuitement.

Le financement par des tiers est autorisé et généralement disponible pour des montants plus élevés en litige (minimum d'environ 50 000 euros), mais il est plus souple en ce qui concerne les accords d'honoraires. Les conventions d'honoraires qui donnent une partie du produit à l'avocat sont interdites.

Assurance

18 Une assurance est-elle disponible pour couvrir tout ou partie des frais de justice d'une partie ?

Une assurance pour les frais de justice est couramment disponible en Autriche et peut - selon la police d'assurance individuelle - couvrir un large éventail de frais découlant d'une procédure judiciaire, y compris les frais de la partie et la responsabilité potentielle pour les frais de la contrepartie.

Recours collectif

19 Les plaideurs ayant des demandes similaires peuvent-ils introduire une forme de recours collectif ?

Bien que le code de procédure civile autrichien ne contienne aucune disposition sur les recours collectifs, la Cour suprême autrichienne a estimé qu'un "recours collectif à caractère spécifiquement autrichien" était légalement autorisé. Le code de procédure civile autrichien permet de regrouper les demandes d'un même demandeur contre un même défendeur.

Une jonction peut être déposée si : le tribunal est compétent pour toutes les demandes, le même type de procédure s'applique ou l'objet est de même nature en fait et en droit. Une autre possibilité est d'organiser des réclamations de masse et de les confier à une institution qui procède alors comme un seul requérant.

Appel

20 Sur quels motifs et dans quelles circonstances les parties peuvent-elles faire appel ?

Y a-t-il un droit de recours ? Il existe des recours ordinaires contre le jugement d'un tribunal de première instance et des recours contre le jugement d'une cour d'appel. Les décisions de procédure peuvent également être contestées ; la procédure suit en principe les mêmes règles que les appels (mais elle est un peu moins informelle).

Un recours contre un jugement suspend sa validité juridique et - à quelques exceptions près - son caractère exécutoire. En règle générale, de nouvelles allégations, demandes, défenses et preuves ne doivent pas être introduites (elles seront ignorées). Les autres recours sont les actions en annulation ou en réouverture de la procédure. Un recours peut être introduit pour quatre raisons principales, dont

  • des erreurs de procédure ;
  • l'exclusion injustifiée de preuves ;
  • un exposé des faits incorrect ; et
  • une application incorrecte de la loi.

À la suite d'un appel, la cour d'appel peut annuler le jugement et renvoyer l'affaire devant le tribunal de première instance, ou elle peut soit modifier soit confirmer le jugement.

Enfin, une affaire ne peut faire l'objet d'un recours devant la Cour suprême que si son objet implique la résolution d'une question juridique d'intérêt général, à savoir si sa clarification est importante à des fins de cohérence, de prévisibilité ou de développement juridique, ou en l'absence de décisions cohérentes et antérieures de la Cour suprême.

Jugements étrangers

21 Quelles sont les procédures existantes pour la reconnaissance et l'exécution des jugements étrangers ?

En plus des nombreux instruments bilatéraux et multilatéraux que l'Autriche a conclus, la loi autrichienne sur l'exécution, le code autrichien de procédure civile et la loi autrichienne sur la compétence judiciaire régissent la reconnaissance et l'exécution des jugements étrangers. En cas de conflit entre des dispositions légales et des dispositions conventionnelles applicables, ces dernières prévaudront. Bien que la jurisprudence autrichienne ne soit pas contraignante, elle fait l'objet d'un examen attentif.

L'Autriche est signataire de nombreux instruments bilatéraux et multilatéraux. Le plus important à cet égard est le règlement Bruxelles Ia (règlement (UE) n° 1215/2012 du 12 décembre 2012 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière civile et commerciale (refonte)). Le Règlement Bruxelles Ia établit des règles uniformes pour faciliter la libre circulation des jugements dans l'Union européenne et s'applique aux procédures judiciaires engagées à partir du 10 janvier 2015.

Le règlement Bruxelles Ia remplace le règlement (UE) 1215/2012 du 22 décembre 2000 (le règlement Bruxelles I, ainsi que le règlement Bruxelles Ia, "le régime de Bruxelles"), qui reste applicable à toutes les procédures judiciaires engagées avant le 10 janvier 2015.

Les exigences de base pour la force exécutoire sont les suivantes :

  • la sentence est exécutoire dans l'État où le jugement a été rendu ;
  • un traité international ou une réglementation interne prévoit expressément la réciprocité entre l'Autriche et l'État d'émission en matière de reconnaissance et d'exécution des jugements ;
  • l'acte introductif d'instance a été dûment notifié au défendeur ;
  • le jugement à exécuter est produit avec une traduction certifiée
  • il n'y a pas de motifs pour refuser la reconnaissance de la force exécutoire.

La partie qui demande l'exécution doit demander l'autorisation de l'exécution à la juridiction concernée. La demande de déclaration de force exécutoire doit être présentée au tribunal du lieu où le débiteur est domicilié. La partie peut combiner cette demande avec une demande d'autorisation d'exécution. Dans ce cas, le tribunal se prononcera sur les deux simultanément. Une fois qu'un jugement étranger a été déclaré exécutoire en Autriche, son exécution suit les mêmes règles que celles d'un jugement national, ce qui signifie que l'exécution des jugements est régie par la loi autrichienne sur l'exécution.

Procédures étrangères

22 Existe-t-il des procédures pour l'obtention de preuves orales ou documentaires à utiliser dans des procédures civiles dans d'autres juridictions ?

Dans l'Union européenne, la procédure d'obtention de preuves orales ou documentaires auprès d'autres juridictions est régie par le Règlement sur l'obtention des preuves (Règlement (CE) n° 1206/2001 du Conseil du 28 mai 2001 relatif à la coopération entre les juridictions des États membres dans le domaine de l'obtention des preuves en matière civile ou commerciale). À cet égard, le règlement s'applique aux preuves orales et documentaires et stipule que les demandes d'assistance judiciaire peuvent être communiquées directement entre les juridictions. Les traités bilatéraux peuvent s'appliquer aux demandes d'entraide judiciaire en dehors de l'Union européenne.

ARBITRAGE

Loi type de la CNUDCI

23 Le droit de l'arbitrage est-il basé sur la loi type de la CNUDCI ?

Oui - la loi autrichienne sur l'arbitrage (contenue dans le code autrichien de procédure civile (ACCP)) reflète en grande partie la loi type de la CNUDCI sur l'arbitrage commercial international, tout en accordant un grand degré d'indépendance et d'autonomie au tribunal arbitral. Contrairement à la loi type de la CNUDCI, le droit autrichien ne fait pas de distinction entre les arbitrages nationaux et internationaux, ni entre les arbitrages commerciaux et non commerciaux. Par conséquent, des dispositions spéciales s'appliquent aux questions liées à l'emploi et à la consommation (elles figurent respectivement aux articles 618 et 617 du PCAC).

Plus généralement, la loi autrichienne sur l'arbitrage est régie par les articles 577 à 618 du Code de procédure civile autrichien (ACCP). Ces articles constituent le cadre général des procédures d'arbitrage, tant pour les arbitrages nationaux qu'internationaux.

Conventions d'arbitrage

24 Quelles sont les exigences formelles pour une convention d'arbitrage exécutoire ?

La convention d'arbitrage doit être conclue par écrit (article 581 du PCAC). Les exigences formelles pour une convention d'arbitrage exécutoire se trouvent dans les articles 581 à 585 du PCAC. Une convention d'arbitrage doit :

  • préciser suffisamment les parties (elles doivent être au moins déterminables) ;
  • préciser suffisamment l'objet du litige par rapport à un rapport juridique défini (celui-ci doit au moins être déterminable et il peut être limité à certains litiges, ou inclure tous les litiges) ;
  • préciser suffisamment l'intention des parties de faire trancher le litige par arbitrage, excluant ainsi la compétence des tribunaux étatiques ; et
  • être contenus soit dans un document écrit signé par les parties, soit dans des télécopies, des courriers électroniques ou d'autres communications échangées entre les parties, qui conservent la preuve d'un contrat.
  • Des dispositions spéciales s'appliquent aux consommateurs et aux salariés (elles figurent respectivement dans les articles 617 et 618 du PCAC).

Choix de l'arbitre

25 Si la convention d'arbitrage et tout règlement pertinent sont muets sur la question, combien d'arbitres seront nommés et comment seront-ils nommés ? Existe-t-il des restrictions au droit de contester la nomination d'un arbitre ?

L'ACCP prévoit des dispositions par défaut pour la nomination des arbitres. Si la convention d'arbitrage est muette sur la question et en l'absence d'un accord des parties, la loi autrichienne sur l'arbitrage prévoit un tribunal composé de trois arbitres (article 586, paragraphe 2, du PCAC).

Les parties sont libres de s'entendre sur la procédure de contestation de la nomination d'un arbitre (article 589 du PCAC). À cet égard, un arbi-trateur ne peut être récusé que s'il existe des circonstances qui suscitent des doutes justifiés quant à son impartialité ou son indépendance, ou s'il ne possède pas les qualifications convenues par les parties. Une partie ne peut récuser un arbitre nommé par elle ou dont elle a participé à la nomination que pour des motifs dont elle a eu connaissance après sa nomination ou après sa participation à la nomination.

Options de l'arbitre

26 Quelles sont les possibilités de choisir un ou plusieurs arbitres ?

Qu'ils soient désignés par une autorité de nomination ou par les parties, les arbitres peuvent être tenus de posséder une certaine expérience et un certain bagage concernant le litige spécifique en question. Ces exigences peuvent comprendre des qualifications professionnelles dans un certain domaine, des compétences juridiques, des compétences techniques, des connaissances linguistiques ou le fait d'avoir une nationalité particulière.

De nombreux arbitres sont des avocats en pratique privée ; d'autres sont des universitaires. Dans quelques litiges, qui portent essentiellement sur des questions techniques, des techniciens et des avocats sont membres de la commission.

Les exigences de qualification peuvent être incluses dans une convention d'arbitrage, ce qui exige une grande prudence car cela peut créer des obstacles dans le processus de nomination (c'est-à-dire un argument sur la question de savoir si les exigences convenues sont remplies).

Procédure arbitrale

27 Le droit interne contient-il des exigences de fond pour la procédure à suivre ?

Les parties sont libres de convenir des règles de procédure (par exemple, par référence à des règles d'arbitrage spécifiques) dans les limites des dispositions obligatoires de l'ACCP. Lorsque les parties n'ont pas convenu d'un ensemble de règles, ou ont établi leurs propres règles, le tribunal arbitral, sous réserve des dispositions impératives de l'ACCP, mènera l'arbitrage de la manière qu'il jugera appropriée.

Les règles obligatoires de la procédure d'arbitrage prévoient que les arbi-trateurs doivent être et rester impartiaux et indépendants. Ils doivent révéler toute circonstance susceptible de faire naître des doutes sur leur impartialité ou leur indépendance. Les parties ont le droit d'être traitées de manière juste et équitable et de faire valoir leur point de vue.

D'autres règles manda-toire concernent la sentence arbitrale, qui doit être écrite, et les motifs pour lesquels une sentence peut être contestée. En outre, un tribunal arbitral doit appliquer le droit matériel choisi par les parties, faute de quoi il appliquera le droit qu'il juge approprié.

Intervention de la Cour

28 Pour quels motifs le tribunal peut-il intervenir lors d'un arbitrage ?

Les tribunaux autrichiens ne peuvent intervenir dans les affaires d'arbitrage que lorsqu'ils y sont expressément autorisés en vertu des articles 577 à 618 de l'ACCP. Tant la juridiction compétente qu'un tribunal arbitral sont compétents pour accorder des mesures provisoires à l'appui d'une procédure d'arbitrage. Les parties peuvent exclure la compétence du tribunal arbitral pour les mesures provisoires, mais elles ne peuvent pas exclure la compétence du tribunal sur les mesures provisoires.

L'exécution des mesures provisoires est de la compétence exclusive des tribunaux.

L'intervention des tribunaux est limitée à la délivrance de mesures provisoires, à l'assistance à la nomination d'arbitres, à l'examen des décisions de récusation, à la décision sur la cessation anticipée du mandat d'un arbitre, à l'exécution de mesures provisoires et conservatoires, à l'assistance des tribunaux pour les actes judiciaires que le tribunal arbitral n'a pas le pouvoir d'exécuter, à la décision sur une demande d'annulation d'une sentence arbitrale, à la détermination de l'existence ou de la non-existence d'une sentence arbitrale et à la reconnaissance et l'exécution des sentences.

Aide intérimaire

29 Les arbitres ont-ils le pouvoir d'accorder des mesures provisoires ?

Oui - un tribunal arbitral dispose de larges pouvoirs pour ordonner des mesures provisoires à la demande d'une partie s'il le juge nécessaire pour garantir l'exécution d'une demande ou pour empêcher un préjudice irréparable. À la différence des mesures provisoires disponibles dans les procédures judiciaires, un tribunal arbitral n'est pas limité à un ensemble de mesures énumérées. Toutefois, les recours doivent être compatibles avec le droit d'exécution, afin d'éviter les difficultés au stade de l'exécution. À cet égard, le tribunal arbitral peut demander à toute partie de fournir une garantie appropriée en rapport avec ces mesures afin d'éviter les demandes frivoles (article 593, paragraphe 1, du PCAC).

Le tribunal arbitral - ou toute partie avec l'approbation du tribunal arbitral - peut demander à un tribunal d'accomplir des actes judiciaires (par exemple, signification d'une citation, obtention de preuves) pour lesquels le tribunal arbitral n'a pas l'autorité.

Prix

30 Quand et sous quelle forme le prix doit-il être remis ?

Les exigences de forme pour les sentences arbitrales se trouvent dans la section 606 de l'ACCP et sont conformes aux dispositions par défaut. Les exigences de forme stipulent que la décision arbitrale doit

  • être par écrit ;
  • signé par les arbitres impliqués dans la procédure ;
  • afficher sa date de délivrance ; -afficher le siège du tribunal arbitral ; et
  • en indiquant les raisons sur lesquelles il se fonde. La sentence arbitrale a l'effet d'un jugement définitif et contraignant (article 607 du PCAC).

Appel

31 Pour quels motifs peut-on faire appel d'une sentence devant le tribunal ?

Le seul recours possible devant un tribunal contre une sentence arbitrale est une demande d'annulation de la sentence. Cela s'applique également aux sentences arbitrales sur la compétence. Les tribunaux ne peuvent pas réviser une sentence arbitrale sur le fond. La demande d'annulation doit être déposée dans un délai de trois mois à compter de la date à laquelle le demandeur a reçu la sentence. Il n'y a pas de recours contre une sentence arbitrale.

Une sentence arbitrale est annulée si :

  • s'il n'existe pas de convention d'arbitrage valable ou si le tribunal arbitral a refusé sa compétence alors qu'il existait une convention d'arbitrage valable ;
  • si une partie était incapable de conclure une convention d'arbitrage valable ;
  • si une partie n'a pas été dûment informée de la nomination d'un arbitre ou de la procédure arbitrale ou si elle n'a pas été en mesure de présenter l'affaire pour une autre raison ;
  • si la sentence arbitrale porte sur un litige qui n'est pas couvert par la convention d'arbitrage ou contient des décisions sur des questions qui dépassent le cadre de la convention d'arbitrage ou de la soumission des parties à l'arbitrage ;
  • si la constitution ou la composition du tribunal arbitral a violé les règles respectives ; et
  • si la procédure d'arbitrage a été menée en violation de l'ordre public autrichien.

En outre, une sentence peut être annulée si les conditions préalables existent pour qu'il soit possible de faire appel d'une décision de justice en déposant une plainte en révision conformément à l'article 530(1), n° 1-5 ACCP. Cette disposition permet de déterminer les circonstances dans lesquelles des actes criminels ont conduit à l'émission d'une certaine sentence. Une demande d'annulation d'une sentence pour ces motifs doit être déposée dans un délai de quatre semaines à compter de la date à laquelle la sentence relative à l'acte criminel concerné est devenue définitive et contraignante.

Une sentence peut également être annulée si l'objet du litige n'est pas arbi-trable en droit interne.

Mise en œuvre

32 Quelles sont les procédures existantes pour l'exécution des sentences étrangères et nationales ?

La procédure d'exécution des sentences arbitrales est définie à la fois dans l'ACCP (article 614) et dans la loi autrichienne sur l'exécution (article 409). Les sentences arbitrales étrangères sont exécutoires sur la base de traités bilatéraux ou multilatéraux que l'Autriche a ratifiés - les plus importants de ces instruments juridiques étant la Convention de New York pour la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères de 1958 et la Convention européenne sur l'arbitrage commercial international de 1961. À cet égard, les procédures d'exécution sont essentiellement les mêmes que pour les jugements étrangers. Les sentences arbitrales nationales sont exécutoires de la même manière que les jugements nationaux.

Coûts

33 Une partie ayant obtenu gain de cause peut-elle recouvrer ses frais ?

En ce qui concerne les coûts, les tribunaux d'arbitrage ont un pouvoir discrétionnaire plus large et sont, en général, plus libéraux que les cours. Le tribunal arbitral dispose d'un pouvoir discrétionnaire dans la répartition des frais, mais il doit tenir compte des circonstances de l'affaire, en particulier de l'issue de la procédure. En règle générale, les frais suivent l'événement et sont supportés par la partie qui succombe, mais le tribunal peut également parvenir à des conclusions différentes si cela est approprié aux circonstances de l'affaire.

L'ACCP est muette sur le type de coûts qui pourraient faire l'objet d'un remboursement. Lorsque les frais ne sont pas compensés entre eux, le tribunal arbitral doit, dans la mesure du possible, en même temps qu'il se prononce sur la responsabilité des frais, déterminer également le montant des frais à rembourser. En général, les honoraires d'avocats calculés sur la base de taux horaires sont également remboursables.

Une exception à la règle ci-dessus est prévue à l'article 609, paragraphe 2, du PCAC, qui habilite le tribunal arbitral à statuer sur l'obligation du demandeur de rembourser les frais de la procédure s'il a constaté qu'il n'est pas compétent au motif qu'il n'y a pas de convention d'arbitrage

LES MODES ALTERNATIFS DE RÈGLEMENT DES LITIGES

Types d'ADR

34 Quels sont les types de processus d'ADR couramment utilisés ? Un processus d'ADR particulier est-il populaire ?

Les principales méthodes extrajudiciaires prévues par la loi sont l'arbitrage, la médiation (principalement en matière de droit de la famille) et les commissions de conciliation en matière de logement ou de télécommunications.

En outre, divers organismes professionnels (avocats, notaires, médecins, ingénieurs civils) prévoient des mécanismes de règlement des différends concernant les litiges entre leurs membres ou entre les membres et les clients. La médiation est régie par la loi sur la médiation en droit civil. Toutefois, la solution obtenue avec l'aide du médiateur n'est pas exécutoire par le tribunal.

Exigences en matière d'ADR35 Les parties à un litige ou à un arbitrage sont-elles tenues d'envisager un ADR avant ou pendant la procédure ? La juridiction peut-elle obliger les parties à participer à un processus d'ADR ?

Non - la législation autrichienne ne prévoit pas de dispositions générales prévoyant des règlements obligatoires ou obligeant les parties à envisager un règlement extrajudiciaire avant d'entamer un arbitrage ou une procédure judiciaire. Pourtant, il n'est pas rare que les juges - au début du procès - encouragent de manière informelle les parties à explorer les possibilités de règlement ou à se tourner d'abord vers les médiateurs.

DIVERS

Caractéristiques intéressantes

36 Y a-t-il des caractéristiques particulièrement intéressantes du système de règlement des litiges qui n'ont pas été abordées dans les questions précédentes ?

Sans objet.

MISE À JOUR ET TENDANCES

Développements récents

37 Y a-t-il des propositions de réforme du règlement des litiges ? Quand les réformes entreront-elles en vigueur ?

Le 1er janvier 2019, les amendements à la loi sur l'application des lois sont entrés en vigueur. Ces modifications permettent désormais l'accès aux données relatives aux procédures d'exécution en cours. Les avocats et les notaires peuvent accéder aux informations concernant la juridiction d'exécution, le numéro de dossier et le montant de la dette faisant l'objet de la procédure d'exécution. La base de données est disponible en ligne et vise à aider les demandeurs potentiels à évaluer la solvabilité de leurs défendeurs potentiels avant d'entamer une procédure judiciaire ou arbitrale.

Un autre développement récent est une décision de la Cour suprême autrichienne confirmant que l'effet de la chose jugée d'un jugement étranger s'applique à tous les stades de la procédure menée en Autriche. Ceci est particulièrement important car la décision précise que l'effet de la chose jugée s'applique également aux procédures d'appel en cours. La Cour suprême autrichienne a souligné que cela est vrai pour les deux questions relatives à l'autorité de la chose jugée, à savoir l'exclusivité (ne bis in idem) et l'effet contraignant des jugements étrangers. En outre, la Cour suprême autrichienne a précisé que l'interdiction de la novation dans les procédures d'appel ne s'applique qu'aux nouveaux faits et aux nouvelles preuves, et n'empêche donc pas la cour d'appel d'examiner l'effet de la force de la chose jugée d'une nouvelle décision étrangère.